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HAUTE ECOLE DES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES
Jeudi 5 février 2009 - Salle 4 - 19h

Marie-Hélène BOURCIER

(English Version)(Page de l'intervention de M-H Bourcier en 2007-2008)


Marie-Hélène Bourcier est activiste et théoricienne queer. Fondatrice du premier groupe queer en France, le Zoo, elle est l’auteur de Queer Zones, Politique des identités sexuelles et des savoirs, Paris, Balland 2001, Amsterdam, 2007 et de Sexpolitiques, Paris, La Fabrique, 2005. Elle a également traduit Teresa de Lauretis et La Pensée Straight de Monique Wittig et publié de nombreux articles que les genres, les sexualités, la pornographie et la post-pornographie, les cultures et les politiques queers. Elle a ouvert le premier séminaire de master queer en 2007 à L’Ecole des Hautes en Sciences Sociales (fmybrain.org) et enseigne les études culturelles, les théories féministes et la théorie queer à l’université de Lille III. A paraître prochainement Queer Zones 3 et +.

 



Bibliographie sélective :

Queer Zones : politiques des identités et des savoirs (édition revue et augmentée), Paris, Éditions Amsterdam, 2006

Sexpolitiques : Queer Zones 2, Paris, La Fabrique, 2005

Q comme Queer, dir., Lille, Gai Kitsch Camp, 1998

 

PROGRAMME A L'EHESS



La seconde Butler et les politiques (queers) de la vulnérabilité :
Traduction culturelle et disempowerment

 

En tant qu’activiste queer basé en France, au croisement du trafic intellectuel et des fascinations croisées qui existent entre les Etats Unis et la France, il n’est peut-être pas inutile de se pencher sur les effets de la traduction culturelle et notamment en matière de théorie queer et de politiques queers.

En France l’ « American Queer Theory » a été utilisée dans les années 90 comme une stratégie permettant de repolitiser le soi disant « French Theory » (Foucault, Derrida, Deleuze) de manière à introduire des politiques de l’identité post -identitaires dans une culture française dominée par l’universalisme et le républicanisme réticents aux multiculturalismes ou aux politiques des différences. Avec la publication en Français de Défaire le Genre en 2006 et la prise de position néo-humaniste par Judith Butler performée dans l’espace public français, pour ne de reconnaissance de son statut d’intellectuel et de philosophe, nous sommes entrés dans une ère de « la pensée plate » synonyme d’aplatissement des effets des politiques de la performativité et des politiques sexuelles. Nous montrerons comment Undoing Gender (Défaire le Genre) défait Gender Trouble (Trouble dans le genre), notamment en déplaçant des stratégies minoritaires de resignification en faveur d’une stratégie néo-moderniste de maîtres mots tels que « l’universalité ». Comment ce changement d’axe favorise-t-il des logiques de disempowerment au détriment de logiques de résistance à un niveau transnational ? Qu’est-ce qui se perd lorsque le potentiel performatif des genres, des identités ou des discours de haine sont transférées à l’humain, à l’universel présentés comme des constructions performatives ouvertes à la resignification ? Et qui est le sujet politique de la resignification de l’universalité ?



Flyer Zap Butler(document au format pdf)

Bibliographie:

Butler, Judith, Gender Trouble, Feminism and the subversion of identity, New York et Londres : Routledge, 1990.
Butler, Judith, Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion, Paris : La Découverte, 2005 traduction de Cynthia Kraus.
Butler, Judith, Excitable Speech : A Politics of the Performative, New York et Londres : Routledge, 1998.
Butler, Judith Le Pouvoir des mots, Politique du performatif, Paris : Amsterdam, 2004, traduction de Charlotte Nordmann.
Butler, Judith, Undoing Gender, New York et Londres, Routledge : 2004 ; Défaire le genre, Paris : Amsterdam, 2006, traduction de Maxime Cervulle.

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